LEG XXII AVE BAGACVM

LEG XXII de Bavay, groupe de reconstitution historique de l'armée romaine.
 
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 la bataille en rase campagne

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Gothofrius Franceus URSUS



Messages : 50
Date d'inscription : 14/06/2011

MessageSujet: la bataille en rase campagne   Mer 7 Déc - 9:47

info provenant de Y. LE BOHEC

certes un peu long mais très intéressant.

Pour vaincre, il faut que le militaire soient bien entrainés mais la technicité compte moins que pour les sièges : le courage supplée le matériel.
L’intelligence n’est pas absente de ce type de combat mais elle se réfugie dans le secteur des stratagèmes.
2 auteurs ont laissés des recueils intéressants : Frontin et Polyen
i) Frontin attribue cette invention (stratagème) aux grecs. Il classe ses conseils en 4 parties :
1) il examine d’abord ce qu’il faut faire avant
2) pendant la bataille
3) lors d’un siège
4) donne des exemples de vertus liées à la discipline.
Son œuvre se présente comme une série de recette destinée à procurer le succès dans telle ou telle circonstance. Ainsi, quand on est poursuivi, il faut allumer un feu retardataire.
Avant une bataille, il vaut mieux laisser l’ennemi s’épuiser comme le fit Tibère en Pannonie.
ii) Polyen attribue lui aussi le mérite aux grecs.
Il commence son ouvrage par des exemples mythiques. Les cas qu’il évoque sont classés en fonction de la chronologie et de la géographie et peu de Romain, à part Auguste, ont eu l’honneur de figurer à son palmarès.
Les 2 auteurs n’ont pas conduit une réflexion en profondeur sur la tactique. Cette science fut illustrée par des Romain et sur le terrain.

 l’ordre de bataille
Premièrement intervient une délibération de l’E-M : il convient d’organiser le dispositif en fonction du terrain choisi.
D’abord, grâce à l’entrainement des soldats et à la souplesse des cohortes, on peut construire quelques obstacles destinés à gêner les barbares et facilement contournables pour les légions : des fossés sont creusés et des pieux fichés en terre. Les troupes sont placées sur le terrain en considération de l’espace dont elles disposent.
Les généraux romains pensent que leur supériorité sur la cohue barbare tient, au moins en partie, à la capacité manœuvrière de leurs hommes. Pour qu’un enveloppement ou un débordement soit possible, il est nécessaire de disposer d’un centre et de 2 ailes.
Cette partition ne tient pas compte de l’infanterie légère (archers, frondeurs,…….) qui sont dispersés devant l’armée, derrière ou sur les flancs.
Exemple : Arrien et Agricola.
Agricola, à la fin du 1er siècle, fournit un exemple de tactique simple sur un champ de bataille resserré.
Il établit ce dispositif : l’infanterie auxiliaire, qui comptait 8000 hommes, comme force centrale ; 3000 cavaliers déployées aux ailes ; les légions restèrent devant le retranchement : l’éclat de la victoire serait considérable, si l’on combattait sans verser le sang romain, et l’on aurait là une réserve en cas de recul.
Il a en outre à sa disposition 4 corps de cavalerie qu’il ; avait réservé pour les besoins imprévus de la bataille.
De cette façon Agricola place les auxiliaires en première ligne, 8000 fantassins au centre et 1500 cavaliers sur chaque aile ; en seconde ligne se trouvent les 12000 légionnaires, dos au camp et enfin environ 2000 cavaliers constituent une réserve mobile.
Tacite évoque : « quand l’armée s’engage en pays ennemi, sans savoir où se trouve l’ennemi, elle doit être prête à subir un assaut et à réagir à n’importe quel moment. »
Dans cette hypothèse, les soldats sont répartis en vue de l’engagement dès le matin devant le camp et ils avancent jusqu’à ce qu’ils soient entrés en contact avec l’ennemi.
La tactique de César est connue : les soldats étaient disposé en 3 rangs mais à l’époque d’Arrien, ils étaient regroupés en une phalange compacte au coude à coude, bouclier contre bouclier : vue de face ; ils donnaient l’impression d’un mur en fer hérissés de javelots.
Les généraux avaient le choix entre plusieurs techniques possible, ils se décidaient en fonction de l’ennemi et du terrain.
Mais la légion restait l’élément principal de toute organisation et sa structure en cohortes, manipules et centuries lui donnait une grande souplesse.

 le déroulement de la bataille
Pour prouver sa supériorité, l’armée romaine ne devait pas engager les hostilités tant qu’elle n’avait pas trouvé le meilleur dispositif possible.
Une fois cet ordre mise en place, la bataille pouvait commencer.
Dans les civilisations méditerranéennes, civilisation du verbe ; tout commence par des discours et la guerre n’échappe à cette règle.
Quand chaque soldat occupe son poste, le général s’adresse aux combattants pour les exhorter, Tacite récompense ce genre de discours.
Les premiers objectifs étaient atteints par une préparation d’artillerie qui visait à tuer quelques adversaires, à démoraliser le plus possible l’ennemi et à semer le désordre dans sa ligne de bataille. Ce travail des catapultes et des balistes étaient complétés par l’intervention des archers et des frondeurs et si l’ennemi est a porté, par des jets de javelots.
Suis des lignes romaines une immense clameur, ces cris revêtaient une grande importance : ils devaient renforcer le courage de ceux qui les poussaient et effrayer ceux qui les entendaient.
Les manœuvres commencent. 3 cas étaient possibles :
i) il était possible que l’ennemi s’enfuie tout de suite, effrayé par l’organisation des Romains et affaibli par les premiers tiers. De cette éventualité, la phalange se scindaient en plusieurs morceaux et les cavaliers se glissaient dans les intervalles, les premiers avançaient à vive allure, pour s’assurer que ce repli n’est pas feint, les autres en bon ordre, pour respecter les consignes de prudences. Ensuite l’infanterie descendait des hauteurs où elle s’était installée pour dominer le théâtre des opérations.
ii) L’ennemi ne se sauve pas et prend même l’initiative et essaie de déborder une aile. Arrien recommande de résister à la tentation et de ne pas allonger le front, pour bloquer ce mouvement, le légat doit envoyer sa cavalerie au devant des assaillants
iii) C’est le préféré des romains : ils gardent l’initiative et manœuvre. Comme pour l’attaque d’un rempart urbain, ils doivent choisir l’endroit le plus faible du dispositif ennemi. C’est aux fantassins auxiliaires que revient l’honneur d’engager le combat en se dirigeant vers le point que leur commandant estime le moins bien défendu.
Pour toutes ces opérations, on observe une constance : même si la cavalerie joue un rôle croissant au IIIème siècle, c’est l’infanterie et surtout la légion qui reste la reine des batailles pendant tout le Haut-Empire. Elle présente un triple avantage ;
• elle bénéficie de l’effet de choc ou de masse car les hommes du dernier rang, en principe les vétérans, poussent les plus jeunes qui sont devant.
• Cette pression est mortelle car la première est hérissée de lances
• L’entrainement des romains leur permet de se mouvoir même s’ils rencontrent un obstacle sans que leur ligne ne se désintègre. En plus, ils sont bien défendus, car à ce moment-là ils font la tortue. Pendant ces manœuvres, les légionnaires ne doivent jamais perdre de vue les étendards et il leur faut écouter attentivement les consignes transmises par les trompettes et les cors.
Dans ces conditions, la cavalerie joue un rôle secondaire : les unités légères harcèlent l’ennemi en l’accablant de flèches et de javelots.

Anecdote
L’affaire se passe dans l’ile de Bretagne en 83. Au début de l’engagement, on combattait de loin, les Bretons se servaient de leur longues épées et de leur boucliers court pour parer ou détourner les javelots des légionnaires et leurs propres traits volaient en abondance puis Agricola invita 4 cohortes Bataves et 2 de Tongres à en venir au corps à corps, en pointant de l’épée car les ennemis étaient malhabiles, portant de petits boucliers et des épées démesurées. Aussi dès que ces cohortes se mirent à frapper dans la mêlée, à cogner de la bosse de leurs boucliers, à labourer les visages, et après avoir pris pied sur les collines ; les autres cohortes dans un fougueux élan d’émulation, massacrèrent tous ceux qui se trouvaient à proximité. Cependant, les escadrons de cavalerie, après avoir mis en fuite les Bretons des chars montés, se jetèrent dans la mêlée des fantassins. Malgré la terreur subite qu’ils y avaient apportée, ils restaient néanmoins empêtrés dans l’épaisseur des bataillons ennemis et les accidents du terrain.
Cependant ceux des bretons qui, postés au sommet des collines, n’avaient pas encore participé au combat, et qui, en toute quiétude, méprisaient l’infériorité numérique des romains, commençaient à descendre peu à peu et à tourner par derrière les cohortes. Mais, redoutant cette manœuvre, Agricola opposait à leur approche 4 corps de cavalerie qu’il avait réservé pour les besoins imprévus de la bataille ; les assaillants furent mis en fuite et dispersés plus vivement qu’ils avaient chargés avec plus d’assurance.

Quand les barbares comprennent qu’ils sont vaincus, les uns se rendent (ils seront prisonniers en attendant d’être vendus comme esclave ou mis à mort) d’autres fuient. D’où commence la poursuite. C’est à ce moment-là qu’il faut faire attention de ne pas tomber dans un piège ou une embuscade. Les légionnaires explorent méthodiquement le terrain puis les cavaliers partent à la poursuite des ennemis en déroute.
Enfin, quand ils se sont assurés qu’ils ne risquent plus rien, les soldats pillent les bagages des vaincus.
Après la bataille, les Romains doivent exercer leur PIETAS (accorder aux hommes et aux dieux ce qui est dû au uns et aux autres. Pendant que les médecins soignent les blessés, les vivants enterrent les morts (Marcus Caelius, un centurion tué lors du désastre de Varus a pu être enterré à Xanten)
Les vainqueurs dressent un trophée : ils construisent un mannequin revêtu d’armes diverses prisent à l’ennemi. De retour à Rome, si ses soldats l’avaient acclamé sur le champ de bataille, le général romain pouvait recevoir de l’empereur les honneurs de l’ovation ou à défaut du triomphe, les ornements triomphaux.

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